( 16 décembre, 2008 )

Les impératifs de la tragédie classique

Le XVIIème siècle et ses auteurs s’inspireront beaucoup de l’Antiquité et de ses sujets tragiques. Des grands thèmes comme la révolte ou la fatalité reviennent en force durant ce siècle, directement puisés de la période antique. Aussi, conserve t-on des grands tragédiens comme Euripide ou Sénèque le langage poétique et l’action simple.
Cependant, la tragédie du siècle classique doit répondre à plusieurs règles. Il faut dire que cinquante ans plus tôt, sous l’influence du théâtre espagnol et à l’instar des drames élisabéthains en Angleterre, on produisait des pièces extrêmement sombres et violentes, sans grand souci des règles. Mêlant comique et tragique, représentant sur scène, au détour d’intrigues compliquées et aventureuses, duels, blessures, meurtres ou suicides, ces tragédies désordonnées et ces tragi-comédies (ainsi nommées quand elles avaient une fin heureuse) ne correspondaient plus au nouveau goût d’une époque avide de raison et d’ordre. Au nom de la  » bienséance « , on trouvait choquants, par exemple, ces vers de « La mort de Didon », tragédie de Hardy, poète pourtant fort scrupuleux

  • elle doit être écrite en vers dans une langue soutenue.
  • elle doit comporter cinq actes (le premier acte étant celui de l’exposition, les trois suivants faisant progresser l’action dramatique et le dernier contenant le dénouement toujours malheureux).
  • les personnages doivent être d’un statut social élevé (prince, roi) et l’action doit se dérouler dans un passé lointain (l’Antiquité, la mythologie).
  • la tragédie doit concorder avec la règle des trois unités: les unités de temps, de lieu et d’action.: « qu’en un seul lieu qu’en un seul jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli » (Nicolas Boileau). En suivant cette règle, pour parler d’une action qui s’est déroulée dans un autre lieu (puisqu’on ne peut changer de lieu), il faudra le faire par le biais des dialogues, d’où entre autres raisons leur importance dans la tragédie.

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